A Paraître

Gaz russe, pétrole vénézuélien, minerais rares du Groenland… Au coeur des années 2020, les ressources
continuent d’apparaître comme des objets clés des conflits géopolitiques. Les discours politiques
comme médiatiques les présentent comme cristallisant des relations de pouvoir entre grandes
puissances étatiques, dans un contexte de crises globales affectant les approvisionnements et chaînes de
valeur. De fait, les sociétés contemporaines, caractérisées par des transitions tant démographiques,
numériques qu’énergétiques, apparaissent vulnérables et demandeuses en ressources. La crise du
Covid-19 a mis en exergue la dépendance forte des économies numériques occidentales à la Chine et
aux pays producteurs de matériaux stratégiques, accélérant les plans pour une réindustrialisation
minière européenne. La guerre en Ukraine a redessiné la carte des approvisionnements énergétiques
en détournant l’Europe du gaz russe, ce dernier se redirigeant vers les pays asiatiques et particulièrement
vers la Chine. Ces crises géopolitiques rappellent les enjeux de souveraineté qui pèsent sur
l’exploitation et la marchandisation des ressources. Toutefois, la projection de ces dernières comme
symboles géostratégiques à l’échelle internationale tend à occulter leur insertion dans des systèmes
territoriaux complexes, appropriés par une diversité d’acteurs à toutes les échelles.